LES BELLES GUEULES

« Faut la choisir la rue ; mais même sans la choisir, t’y vas, t’aimes bien et tu y restes. Moi ça va faire 7 ans que j’me trimballe dans la rue puisque j’ai eu et
pas eu le choix. Après tu testes, t’as la tranquillité, tu peux bouger de partout. T’as la défonce et t’as la musique, les potes. On reste pas en place, tu bouges, tu voyages, tu vois des cultures, tu rencontres des gens. Moi je la vois comme ça la rue.⇒
Après t’as des côtés galères mais j’préfère les côtés galères que les côtés bourgeois où y’a personne qui va te sortir de la merde si tu tombes vraiment bas.

Si y’a des gens qui râlent c’est parce qu’ils nous connaissent pas, ils ont des préjugés, une image de nous formatée par les médias. Mais venez vous asseoir avec nous, on est des jeunes quoi ! On a deux jambes, des bras, une tête. C’est qu’y’a un voile devant nous ; parce que les gens ils passent, même s’ils nous voient ben ils nous voient pas en fait. Y’a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Maintenant, pour les passants, ben au bout d’un moment ils se ressemblent tous, t’as l’impression qu’ils sont tous cadrés dans le même univers. Des fois, y’en a quelques-uns avec qui on a des affinités, qui viennent nous dire bonjour, discuter un peu avec nous, c’est super sympa mais pour le reste, c’est surtout l’ignorance qui fait mal. Le passant qui t’ignore c’est encore pire que s’il te disait : « Va te faire foutre.»»

Paroles recueillies dans la rue.

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